digitalisation

Entreprises : comment optimiser la création de valeur et les coûts en période de crise ?

11 juin 2020 Modifié le 10 août 2020

La crise économique que nous sommes en train de vivre oblige les entreprises et les établissements publics à optimiser leur création de valeur et leurs coûts beaucoup plus rapidement que prévu. Mais pas à n’importe quel prix : ce n’est pas le bon moment pour investir et n’espérer un retour sur investissement que dans 12 mois. Le délai doit être bien plus court, ne serait-ce que parce que les banques et les actionnaires doivent être rassurés rapidement. Alors comment faire dans un tel contexte pour y parvenir et poursuivre une transformation digitale devenue indispensable ?

Entreprises : comment optimiser la création de valeur et les coûts en période de crise ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il suffit de déployer à plus grande échelle les méthodes et les outils qui s’installaient peu à peu dans le paysage depuis quelques années. La mauvaise nouvelle, c’est que toutes les parties prenantes doivent accepter les changements que cela implique.

A titre d’exemple, si l’une des pistes est de déployer les projets en méthode agile de type SCRUM, cela ne doit pas signifier 3 à 6 mois de cadrage en amont ni un engagement du product owner réduit à 4 ou 5 jours par mois…

En fait, un projet agile est très consommateur de temps pour le Métier et le Product Owner. Donc, si la méthode agile n’a pas encore impacté profondément l’organisation de l’entreprise, il vaut mieux :

  • Consolider un portefeuille de projets et prioriser ceux qui peuvent apporter le plus de valeur en un minimum de temps ;
  • Et/ou permettre aux équipes de multiplier des (petites) initiatives locales sur du temps libre.

Bien sûr, toutes les équipes ne sont pas forcément toujours équipées, formées ou disponibles pour ces méthodes et ces outils. Un accompagnement stratégique et opérationnel de moyen terme (6 à 12 mois, par exemple) semble donc une bonne option.

Favoriser la construction d’architectures et de services souples

Mais quels sont donc ces outils ? Ce sont tous les outils permettant de construire des architectures et des services souples et malléables, plutôt que des fondations profondes et rigides. Par exemple, les Growth Managers emploient très largement une myriade de solutions ultra spécifiques et performantes, connectées entre elles par des plateformes du type Zapier.

Cela ne concerne que les projets open source et les start-ups, pensez-vous ? Pas vraiment : Adobe a annoncé ce 21 mai 2020 que leur solution Creative Cloud était désormais connectée à Zapier pour faciliter la collaboration.

08 septembre
2020

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Par ailleurs, la revue Stratégies a récemment mis en avant 10 professions émergentes dans la publicité et le marketing. Parmi elles, le Data Automation Officer, de formation « Business School avec une orientation digitale », est chargé d’agréger les données depuis de nombreuses sources pour construire notamment des rapports automatisés.

L’automatisation ne se limite pas aux flux de données

Mais l’automatisation ne se limite pas aux flux de données. Il suffit de constater la croissance fabuleuse de la solution UI Path, leader du RPA (Automatisation Robotisée des Processus) selon Forrester. L’automatisation concerne aussi les gestes Métier en mémorisant et reproduisant les actions manuelles d’un utilisateur sur une ou plusieurs applications. UI Path pourrait même très bien servir, ponctuellement, d’outil de migration de données… Le 19 mai 2020, Microsoft annonçait son rachat de la solution Softomotive pour renforcer encore leur propre Zapier-like appelé Power Automate.

Dans un autre registre, nous avons récemment construit en 2 semaines avec quelques collègues, un POC (Proof of concept) sous technologie Microsoft incluant un référentiel de clients uniques mixant plusieurs sources de données, une application mobile, un moteur d’attribution d’offres commerciales à des segments Client et un tableau de bord. Aucune ligne de code n’a été nécessaire (si on considère que l’usage de quelques fonctions du type Excel n’est pas une ligne de code) !

Techniquement, nous avons associé le tout nouveau Microsoft Customer Insights à Microsoft Power Platform et nous avons tiré parti de notre expérience d’intégrateur pour renforcer certains points. Par exemple, nous nous sommes assurés qu’un flux de données automatique produisait bien un rapport d’exécution comme pour toute interface standard (nombre de lignes en entrée, nombre d’erreurs, nombre d’imports …).

Miser sur une application low-code

Il s’agit là d’un exemple d’application low-code telle que définie par le Gartner et Forrester. L’idée est simple : le besoin en applications informatiques sera si grand dans les années à venir que les DSI ne pourront pas suivre le rythme dans un modèle traditionnel. En outre, le besoin d’aller vite devient prédominant, même s’il faut accepter les erreurs pour apprendre et refaire rapidement.

Pour expliquer ce qu’est le low-code, certains en font une comparaison avec les tableaux Excel. En effet, un utilisateur averti peut développer un fichier Excel bourré de macros pour lui seul ou son service, mais s’il s’agit de le déployer à une échelle plus grande et plus industrielle, alors le niveau d’exigence s’élève. Cela aura un impact sur la conception du fichier lui-même ou sur le choix de l’outil Excel. Le low-code couvre donc plusieurs contextes et selon les cas, certaines organisations d’entreprise et certains outils sont préférables.

Dans certains cas, l’utilisateur averti peut être accompagné pour renforcer ses compétences. Il peut aussi confier son projet à une équipe centrale spécialisée. Dans d’autres cas, une solution low-code (ou pas) peut être préférable. Il nous est arrivé, par exemple, de remplacer chez des clients des fichiers Excel très complexes par une solution de reporting et d’analyse financière beaucoup plus souple et simple à mettre en place telle que Tagetik (ce qui n’est pas un outil de type low-code mais c’était l’option la plus rapide et la plus efficace, et c’est ce qui importait).

D’autres solutions : la Data virtualisation, les chatbots…

D’autres registres existent. Par exemple, la data virtualisation permet d’accélérer l’accès aux données pour des besoins d’analyse, de reporting ou de partage sans devoir les répliquer d’un environnement à l’autre.

Citons également les chatbots alimentés par une FAQ, particulièrement rapides à mettre en place et qui fournissent, dans bien des cas, une expérience client aussi efficace qu’un chatbot conversationnel. Etc.

Nous pensons donc qu’une nouvelle génération d’informaticiens et d’intégrateurs est en train de naître. Portés par la résolution rapide de cas pratiques, l’expérience et la veille technologique, ils seront probablement plus souvent sollicités par nos clients que par le passé…

Eric Blanche
Eric Blanche Direction de l'Innovation - Offres Digital
Business & Decision

Tout est affaire d’enjeux et de stratégies ! Avec plus de 15 ans d’expérience dans les projets CRM, cet ancien d’HEC est toujours motivé pour rappeler l'importance de certaines compétences à cultiver en interne, pour les entreprises soumises à de plus en plus de concurrence…

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